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Le chocard à bec jaune
C'est l'oiseau des montagnes par excellence. Il réside partout là où il y a des cimes en Europe, Asie et Afrique du Nord. Le chocard « Pyrrhocorax graculus » appartient à la famille des corvidés.
Compagnon des randonneurs
Cet oiseau non domestique, joyeux, aimant la vie en groupe, est le symbole d'un environnement montagnard.
Curieux, audacieux et étonnamment confiant s'il n'est pas dérangé, il s'approche des randonneurs ou des skieurs, parfois à venir manger dans leur main, pour profiter de miettes ou de restes. Les terrasses ou les poubelles des refuges sont également régulièrement visitées.
Le chocard, qui se déplace en groupe pouvant compter plus d'une centaine d'individus, est un grand animateur visuel et sonore de la montagne.
Le chocard est un planeur des cimes hors pair. Son allure est gauche et discrète sur terre, mais dès qu'il décolle, il est le champion aérien au vol inimitable, imité par les pilotes pour l'atterrissage en montagne.
Il est né maître dans l'utilisation des courants ascendants : la forme de ses ailes, jusqu'à 80 cm d'envergure, lui permet de dépenser très peu d'énergie pour s'élever.
Cascadeur né, il profite des colonnes d'air chaud, le long des parois rocheuses, pour monter en tournoyant en escadrille, puis se laisse retomber comme une pierre. Son vol est riche en acrobaties en tous genres : vrilles, loopings, piqués à plus de 100 km/h...
A d'autres moments, on l'observe planer en troupe et ce tourbillon ressemble à une nuée de feuilles mortes.

Anecdotes
C'est l'un des recordmen d'altitude, certains ont même été observés dans l'Himalaya jusqu'à 7000 m.
Il est aussi capable d'effectuer des dénivelés de 3000 m rapidement, même par - 30 degrés.
Il a aussi été observé des bandes de chocards pourchassant des aigles ou des vautours pour porter secours à un congénère en difficulté.
Description
Entièrement noir brillant, le chocard est reconnaissable à son bec jaune et ses pattes rouges corail.
Sa queue est relativement longue un peu arrondie à son extrémité. Les deux sexes sont semblables.
Lorsqu'on le regarde d'en bas, cela donne à cet oiseau l'allure d'un « y » noir, entouré de gris.
Ses pattes courtes lui permettent de trotter très facilement sur les rochers ou dans les landes alpines.
L'empreinte est constituée de quatre doigts : trois partent à l'avant, le quatrième vers l'arrière.
Il a une longévité jusqu'à 16 ans (10 à 20 ans).
Le jeune a un plumage noir plutôt terne et son bec jaune présente une zone sombre à son extrémité. On le distingue également par ses pattes, qui sont noires la première année.
Ne pas le confondre
Le chocard à bec jaune se voit trop souvent attribuer le nom d'un autre, le choucas, que l'on ne croise pourtant jamais en altitude. Ce dernier est un autre passereau qui vit uniquement en plaine, ou parfois en ville où il niche sur de vieux édifices.
Il ne faut également pas confondre le chocard à bec jaune avec le crave à bec rouge qui fréquente également la montagne. Mais
ce dernier est si rare en Valais que bien peu de personnes auront l'occasion de le reconnaître, grâce à son bec rouge son allure en vol plus carrée et sa vie en couple ou en très petit
groupe.
Mode de vie
Le chocard
vit en couple et reste fidèle toute sa vie. Il a aussi la particularité parmi les passereaux de s'organiser en groupes sociaux très hiérarchisés, ce qui lui évite les conflits répétés inhérents à
la vie en commun.
En observant bien les groupes d'oiseaux, on s'aperçoit qu'il y a des meneurs qui se trouvent systématiquement en tête des vols et qui décident de l'endroit où la troupe va se poser.
Le chocard raffole prendre des bains de soleil : ailes écartées du corps, le chocard secoue ses plumes et épouille le dessous de ses ailes.
Par temps de brouillard ou de pluie, le chocard se déplace peu. Il piétine dans les prairies à la recherche de vers ou
d'escargots qui profitent de l'humidité pour sortir.
Nourritures
En saison chaude
Les groupements de chocards planent et fondent sur les crêtes, rasant les flancs des montagnes et se dispersant en petits groupes pour se nourrir sur les versants.
En été, le régime alimentaire du chocard à bec jaune est composé de toutes sortes de petits animaux collectés sur les pelouses alpines et les pâturages : insectes comme les araignées et les criquets, vers, larves, escargots, mollusques, baies, graines, œufs, charognes comme des petites souris mortes, déchets et en particuliers les restes de nourriture des alpinistes.
A l'étage subalpin, il consomme volontiers des baies de myrtilles ou d'airelles ainsi que des fruits de sorbiers ou de genèvriers.
Il est bien connu des randonneurs qu'il accompagne dans l'espoir de trouver quelques providences tirées de leurs sacs. Néanmoins, il est tout à fait déconseillé de nourrir ces oiseaux sauvages notamment avec du pain, car ils ne digèrent pas le gluten du blé (Wikipédia).
La constitution de réserves n'est pas rare. Il pousse les petits fragments qu'il a réussi à soustraire près des maisons, dans des fissures de roches et s'empresse de les enfouir avec un mouvement rapide du bec.
En saison froide
En hiver, sa nourriture est essentiellement végétarienne, composée de baies et de graines. Attiré par les déchets des stations de sport d'hiver, il passe la saison en altitude dans la mesure où les ressources le permettent. Vous verrez souvent le chocard venir chercher pitance près des restaurants de piste.
A défaut, il migre vers des zones beaucoup plus basses. Tôt le matin, le chocard quitte son dortoir perché dans des cavités rocheuses, pour aller se nourrir dans le fond des vallées. Il recherche sa nourriture près des maisons, se pose sur les toits, visite les jardins, les tas d'ordures. Il se nourrit alors de pommes ou de poires blettes dans les vieux vergers. Il est particulièrement friand de raisins. Les bords de petits ruisseaux ou de rigoles, rapidement déneigées leur permettent de vermiller quelque peu.
Cri / chant
Son cri est un « tsiu » qui déchire souvent le silence montagnard. Un « churr » roulant est utilisé comme cri d'alarme. Plus rarement, lorsqu'il se nourrit paisiblement ou se repose au calme dans son dortoir, il émet des « gazouillements faibles et des notes bavardes et sifflées ».
Au printemps / été
Le chocard retrouve la montagne au fur et à mesure qu'elle se dégage de neige.
Il regagne son site de nidification en mai pour nicher entre 1500 et 3000 mètres d'altitude. La majorité des nids demeurent inaccessible à l'homme. Ils pondent leurs œufs sur des falaises, dans un nid fait de branchettes et d'herbes sèches mêlées à des racines et placé dans une crevasse de rocher. La martre n'y a pas accès. Seuls le grand corbeau ou la corneille peuvent éventuellement venir les déranger.
La femelle dépose une ponte unique annuelle de 3 à 6 œufs blanchâtres à brunâtres avec des taches sombres entre avril et juillet selon l'altitude. La femelle couve une vingtaine de jours, ravitaillée par le mâle. L'incubation, assurée seule par la femelle, dure 17 à 21 jours, puis les poussins naissent. On peut les entendre piailler à tue-tête sur leurs petits belvédères. Les jeunes quittent le nid au bout de 31 à 38 jours, vers fin juillet - début août. Cette sortie correspond au maximum d'abondance de nourriture. Après l'envol, les jeunes s'intègrent à la bande dont font partie leurs parents. Ils restent dépendants de leurs parents pour la recherche de nourriture pendant le mois qui suit leur envol. Dès l'âge de 6 semaines, ils ont atteint la taille des adultes. Ils ne se reproduiront qu'à l'âge de 3 ou 4 ans.


En automne / hiver
Les chocards se réunissent en bandes de plus en plus importantes. Ils
quittent volontiers les zones de rochers pour aller cueillir quelques baies dans les sorbiers ou les alisiers.
Les températures commencent à évoluer négativement. Le sol gèle et durcit pendant la nuit. Les insectes ont disparu. Les chocards visitent le dessous des pierres ou quelques invertébrés se tiennent encore au chaud. Quelques brins d'herbes sèches peuvent être consommés. La maigre nourriture d'altitude devient dorénavant très frugale.
Il effectue alors une migration altitudinale et se rapproche des habitations humaines. Il passe davantage de temps à moyenne altitude, près des chalets, des villages et des stations de ski pour exploiter les déchets liés à l'activité humaine en montagne. On le trouve ainsi en grand nombre sur les sommets très fréquentés, près des refuges, des téléphériques et autres lieux très visités, où il devient très familier et se laisse parfois nourrir.
Il peut effectuer journellement, en hiver, un aller et retour ente son dortoir d'altitude et la plaine où il vient se ravitailler. On peut alors observer aux premières heures du jour, son arrivée en groupe volant silencieusement, qui tombe en pluie sur les villages et glisse vers la vallée qu'il atteint en quelques minutes, par le plus court chemin.
Dès le début de l'après-midi, il entame un vol de retour bien plus long, profitant des ascendances thermiques.
Les jeunes de l'année sont soumis à une forte mortalité durant l'hiver.