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Le village de Chandolin
Présentation
Village - station de détente et de sport, Chandolin se situe dans le Val
d’Anniviers, sur une très forte pente à 1934 mètres. C’est une des communes les plus hautes
d'Europe habitées toute l’année.
La route de Sierre à Chandolin est de 28 km. Le trajet en
voiture est de 45 minutes avec passablement de virages en épingles et de vues impressionnantes sur des précipices.
Le village bénéficie, caractéristique du Valais central, d’un haut taux d’ensoleillement et d’un faible niveau de
précipitations.
Le village a une vue imprenable sur le fond de la vallée avec 5 sommets
culminants à plus de 4000 mètres, la "couronne impériale", à savoir de gauche à droite : le Weisshorn (4505 m), le Zinalrothorn (4221 m ), l’Obergabelhorn (4063 m), le Cervin (4477 m) et la
Dent-Blanche (4358 m). Ces trois derniers, illuminés par le soleil couchant, sont visibles sur la photo ci-dessus.
En ce début d’octobre 2008, la commune de Chandolin compte 110 habitants soit 80 à Chandolin, 26 à Fang, 3 à Soussillon
et 1 aux Pontis.
En pleine période touristique, Chandolin voit sa population passer de 80 à
2000 - 2500 personnes en résidence dans le village nouveau du haut ou le vieux village.
Bien des découvertes attendent les visiteurs de tous les âges. L’office du tourisme du village conseille tout intéressé.
Histoire
La naissance de Chandolin remonte au Moyen-âge avec le nomadisme qui caractérisa la société anniviarde du 13ème siècle jusqu’à la fin du 19ème siècle.
Les chandolinards vivaient la plus grande partie de l’année en nomades, travaillant leurs terres qui s’échelonnaient de 500 à 2000 mètres d’altitude dans quatre zones
distinctes : la plaine, les mayens, le village de Chandolin et l’alpage. La transhumance les a amenés à se déplacer pendant des siècles dans la montagne : le curé en tête, les familles
avec femmes, enfants, vieillards, mais aussi les mulets bâtés et chargés, les vaches et les chèvres.
Chandolin était leur lieu d’habitation principal et ils y résidaient plus longtemps que dans les autres endroits. Les
greniers abritaient les céréales et les pommes de terre. Il y avait aussi la viande séchée et le jambon, la boucherie étant faite en novembre. Le four banal était allumé une fois par mois et les
paysans y cuisaient leur pain de seigle. Le fromage fabriqué à l’alpage entrait largement dans la composition des repas.
Pour irriguer pendant les étés secs leurs prés très raides, ils aménagèrent des canaux et des bisses qui distribuaient
l’eau du torrent lointain. On retrouve des règlements liées à la construction des bisses datant du 14 et 15ème siècle. Le registre du Bisse de l’Ecluse (montagne de Chandolin)
mentionne les durées d’arrosage de 12 jours et indique 42 propriétaires.
Les siècles de
transhumance ont soumis les anniviards à de rudes épreuves : les épidémies de choléra et de peste, la famine, la sécheresse, les incendies, les inondations, les éboulements et les
avalanches.
En 1900, Chandolin comptait exactement 200 habitants. C’est à partir des années
1920 que le nombre d’habitants diminua progressivement. Le développement touristique, l’ouverture de l’usine à Chippis (1905), la construction du barrage de Moiry (1954 à 58) offrirent, entre
autres, du travail aux chandolinards. L’arrivée de la route en 1961 mit un terme à une partie des traditions ancestrales.
Actualité
Les citoyens de la commune de Chandolin ont accepté à 54,4 % le 26 novembre 2006, la fusion avec les cinq autres
communes du Val d’Anniviers : Ayer, Grimentz, Saint-Jean, Saint-Luc et Vissoie. La nouvelle commune Anniviers sera effective en janvier
2009.
Chandolin en littérature
Corinna Bille
Ecrivain, elle aimait Chandolin et y séjournait dans le chalet construit
par son père le peintre Edmond Bille. Extrait de « Chandolin entre deux
abîmes » :
« Deux mille mètres. Un village qui se retient à la pente, un peu
d’herbe, une source pour les soifs, une forêt pour arrêter l’avalanche. C’est tout. Le pays du rien, du vide.
Puis on découvre (au contraire des pays faciles où la poussière attend sous les palmes), que c’est le pays des plus grandes richesses. Ici le repos est impossible,
l’équilibre aboli, la douceur violente. Pour vivre on doit marcher, monter, descendre et remonter.
Mais l’air est présent, un air que l’on touche, que l’on voit, qui possède forme, couleur et odeur, qui exige de notre sang un nouveau rythme, de notre âme une nouvelle
intensité. Il existe davantage que la terre elle-même, car ici la terre se termine ».
Ella Maillart
Voyageuse, photographe, écrivain, elle fit construire à Chandolin en 1948,
son chalet « Atchala » signifiant « la montagne » mais aussi « l’immuable » en sanskrit. Elle y vécu six mois par année jusqu’au 27 mars 1997, date où elle est
« retournée vers la lumière ».
Extrait de son livre « Chandolin
d’Anniviers », photographies et textes d’Ella Maillart :
« Pour celui qui l’a
désiré avec impatience, le silence est convalescence, délectation, résurrection : on s’y laisse glisser comme dans un velours profond. Grâce à cette durée du silence, des pensées lentes à la
mesure de l’homme ont enfin le temps de naître. Encouragés par le silence, l’émerveillement et l’amour vont palpiter à nouveau.
Après l’immense importance du silence, c’est l’étendue qui là-haut s’impose comme un miracle naturel… cette étendue qu’il
faut « fonder » comme dit Saint-Exupéry, « l’étendue est pour l’esprit, non pour les yeux ».
Au plaisir de vous retrouver en novembre
Lise